Brouillard

Faits Saillants, à connaître absolument sur le projet de Brouillard - Boutmezguida :

Le plus grand projet

Le plus grand projet fonctionnant au monde ayant un impact positif sur la vie des communautés, en particulier les femmes, le cheptel, et l’environnement

Un pas révolutionnaire

Un pas révolutionnaire dans la technologie de collecte de brouillard CloudFisher, mise au point par l’ingénieur Peter Trautwein, après la validation d’une période expérimentale à Boutmezguida

changements climatiques

Le principe de base est la mise au point de moyens inédits d’adaptation aux changements climatiques avec une attention particulière à la question du genre

résonance et visibilité

La création d’une grande résonance et visibilité au profit de la région

Approche globale

R&D dans les domaines de l’ingénierie et l’étude du climat ; attachement à, et partenariat solide entre le porteur du projet et la communauté bénéficiaire

Centre de Recherche

Établissement du Centre de Recherche à Boutmezguida pour assurer une veille scientifique continue

Les conditions optimales pour moissonner le brouillard


Pour le cas du Maroc, l’anticyclone de l’Açores et le courant froid des Îles Canaries créent de l’évaporation et de la pression, résultant en les nuages stratocumulus – les nuages dont la partie inférieure tend vers la terre— qui sont pleine d’eau. Le vent pousse les nuages vers les montagnes, qui sont plus froides que le front de mer, et constitue une barrière naturelle où Dar Si Hmad a installé les unités de collecte de brouillard. Ces conditions sont réunies au Maroc depuis la région de Sidi Ifni jusqu’au sud d’Essaouira et depuis l’est de Tanger jusqu’à Nador. Ce brouillard de montagne est exploitable et cette technique est très économique pour des régions montagneuses souvent enclavées et pauvres en eau.

Contexte social du projet :


Les communautés de la région, à l’instar de bien d’autres aires similaires, souffraient de grande anxiété concernant le manque d’eau et de la récurrence des sécheresses. Les femmes, en particulier, dédiaient 3.5 h/j pour la corvée de la récolte l’eau. L’eau des puits étant rare faute de précipitations (moins de 112 mm/an), l’eau devient un souci majeur pour la survie surtout durant la saison sèche, pour les humains, pour le cheptel et pour le biotope.  Nombre de ménages émigrent en ville, le cheptel est vendu, le Tashelheet, l’héritage culturel et les pratiques anciennes, se transmettant de moins en moins, et la flore et les arbres d’Argane se dégradant faute d’élagage et de maintenance.  

Aujourd’hui avec l’eau livrée aux ménages, l’impact est mesurable avec des indicateurs constants, et les principaux bénéficiaires du projet sont :

  • une communautés des Ait Baamrane, notamment les femmes et les jeunes femmes (5 villages, un ensemble de 400 habitants permanents, en plus de la population immigrante qui revient en été durant la période des récoltes des fruits de l’arganier et des figues de Barbarie) ;
  • L’environnement local (faune et flore) et la région en général grâce à la couverture médiatique que le projet reçoit ;
  • Le tissu associatif local et la société civile qui s’est inspirée de ce projet et avec qui nous sommes en train d’organiser un transfert de connaissance
  • Le brouillard lui-même, qui est considéré de plus en plus comme source viable pour l’eau grâce à la R&D  
  • Les enfants qui bénéficient d’un enseignement innovant organisé dans le cadre du programme de l’Ecole de l’Eau

Projet BOUTMEZGUIDA,
un engagement qui vaut une décennie

Les filets du projet de collecte de brouillard ont été érigés par Dar Si Hmad au sommet du mont Boutmezguida, (29° 12’ 30” N – 10° 01’ 30” W, 1225 m d’altitude), situé dans la boutonnière des Aït Baamrane, Sud-Ouest du Maroc. Cette aire, à la lisière du Sahara et à quelque 35 km à vol d’oiseau de l’Océan Atlantique, est classée présaharienne, avec un climat aride et une pluviométrie faible (moyenne annuelle de 112 mm).  Bien que la sécheresse y soit endémique, sa fréquence et son intensité se sont accrus depuis les années 80 du XX siècle. Un vent saharien chaud, le Chergui, aussi souffle parfois sur la région et la dessèche davantage. Or la région accueille un brouillard épais et récurrent durant 143 jours de l’année ; et c’est ce brouillard que Dar Si Hmad moissonne et livre en tant qu’eau potable aux communautés.

Histogramme :

2006
lancement d’une période exploratoire pour évaluation du potentiel hydrique à Boutmezguida
2011
la validation des résultats de la période exploratoire
Juin 2011 à Juin 2014
construction de 600 m² de filets au sommet de la montagne de Boutmezguida
Novembre 2014
lancement de la phase expérimentale, avec nos partenaires allemands, Wasserstiftung, de la nouvelle génération des filets capteurs de brouillard
Septembre 2014 à Mars 2015
la construction de toutes les canalisations et le raccordement de tous les douars pilotes
21 Mars 2015
Inauguration Officielle du projet (grand écho médiatique) - Alimentation en eau potable de brouillard depuis cette date
Octobre 2015
conclusion de la phase expérimentale sur la nouvelle génération de filets capteurs baptisée CloudFisher
Décembre 2015
étude et validation des résultats, et lancement de la recherche de fonds
Mai 2016
BMZ (ministère allemand pour la coopération économique et le développement) octroi les fonds à nos partenaires allemands, Wasserstiftung pour construire 1600 m2 de filets CloudFisher à Boutmezguida
Septembre 2016
transfert de la technologie à la région d’Ait-Baha et Essaouira - Prix de la UNFCC, COP22, honore les réalisations de ce projet et notamment son engagement auprès des femme
Janvier 2017
lancement de la construction des CloudFisher, pour alimenter 13 villages en eau potabledonc 13 villages en tout à être alimentés en eau potable - Engagement continu avec la communauté, hommes, femmes et enfants

En plus toute une série d’infrastructures ont été construites dans la région incluant des canalisations, des citernes de stockage et des processus de contrôles ont été implantés afin que l’eau s’achemine aux ménages de manière soutenue et durable.

Principaux Résultats Atteints :

Les femmes participent activement et sont devenues partie prenante et fort enthousiastes du projet malgré des contraintes traditionnelles lors du lancement du projet ;

Contribution à la tendance croissante de la considération du brouillard comme ressource alternative et valide de l’eau dans les régions côtières arides

Rôle stabilisateur de l’eau pour l’environnement et la population, une intendance plus importante envers l’environnement ;

Hommes, femmes et enfants sont fiers d’être les dépositaires de ce projet unique et ont ouvert la région aux journalistes, aux visiteurs malgré un repli-sur-soi historiquement avéré ;

L’eau est livrée dans les maisons dans les normes et tous les ménages contribuent à la maintenance du système en payant régulièrement toutes les redevances ;

Une grande visibilité de la région, nouvelle attention accrue accordée aux zones rurales arides et enclavées ;

Un processus actif d’adaptation aux changements climatiques

Les enfants qui participent aux cours de l’Ecole de l’Eau, programme d’éducation environnementale dans les écoles rurales, sont des ambassadeurs de l’environnement et participent à la sauvegarde des ressources naturelles ;

La dimension ethnologique du brouillard

Le brouillard n’est pas uniquement un phénomène naturel, il est surtout vécu et interprété par les humains qui lui confèrent une identité et un rôle. L’écologie culturelle de la région des Ait Baamrane nous révèle que le brouillard, Tagut, est essentiellement un élément négatif : il empêche les précipitations, son humidité rouille le matériel de labour, mouille le cheptel et rend parfois les passages envers les pâturages glissants et dangereux.  Le brouillard produit aussi une humidité, asemidd, qui rend les êtres humains facilement malades et qui, en conséquence, seraient la proie à un état de « froid » général, porte menant aux maladies.  Symboliquement aussi, le brouillard dénote un état de non-clarté, de confusion mentale et de perte de références sûres et solides. Il renvoie à l’idée de tâtonnement et de manque de visibilité ; ces états dérangent physiquement et culturellement. A bien des égards, le brouillard ne peut être envisagé comme porteur de charge positive.

Avec les résultats du projet Boutmezguida, accepter de l’eau, élément vital pour toute forme de vie, tirée du brouillard fût un des moments de grande transformation chez les femmes, les hommes, et les enfants des villages. Aujourd’hui, Tagut est valorisé comme une ressource.

Une carte pour le futur


Là où il y a le brouillard, il y a la possibilité de l’exploiter pour répondre aux besoins à échelle humaine/échelle communautaire. Bien que le système ancien soit valide et fonctionne bien, le défi pour ces filets standards reste la maintenance lorsque les vents sont puissants.  A présent et grâce à notre partenaire Wasserstiftung (qui opère aussi deux projets similaires, un en Erythrée et un au Ghana), nous avons soutenu l’expérimentation d’une nouvelle génération de filets, CloudFisher, dont le rendement est 2 fois meilleur (moyenne de 22 l /j/ m2) avec une maintenance nominale et simple (lavage des gouttières) car les filets sont adossés à une structure en plastique dure et résistent à un vent allant jusqu’à 120 km/h.

Après la validation de la période expérimentale (Novembre 2014-Octobre 2015), la BMZ vient de financer la construction de 1600 m² de CloudFisher afin de servir un total de 13 douars.  Nous avons aussi des partenariats en cours avec une association Anarouz dans la région de Ait Baha et des douars dans la région d’Essaouira.  Les douars de cette région souffrent de sécheresse et de manque d’eau et, tous les deux, ont une forte présence de brouillard.

La dimension R&D de l’engagement de DSH nous a poussé à établir près de notre champ de filets un centre dédié à la recherche sur le brouillard, la reforestation, le transfert du sable du Sahara vers l’Amérique et l’Europe, l’étude de la faune et de la flore, leur rétablissement et à leur protection, associant les membres de notre communauté et les chercheurs venant de tout bord dans une veille dynamique afin d’étudier et servir ce milieu naturel.

Aujourd’hui nous explorons l’usage des filets pour recréer les forêts laurifères, qui existaient dans la région à l’instar des Îles Canaries.

Le Brouillard reprend ses lettres de noblesse comme vecteur important de vie.

Les principaux Acteurs dans le projet :

La communauté les autorités locales des Ait Baamrane, la province de Sidi Ifni et les communes rurales de Tnine Amellou, Tanguerfa, Imi N’Fast  et Mesti

  • Les bailleurs de fond, par ordre de contribution :
    • Derhem Holding, Laayoune et Casablanca, Maroc
    • Promotion Nationale, Rabat, Maroc
    • Dar Si Hmad pour le Développement, l’Éducation et la Culture, Ifni, Maroc
    • USAID, Rabat, Maroc
    • Munich Re Foundation, Munich, Allemagne
    • Agence du Bassin Souss-Massa, Agadir, Maroc
    • Ministère délégué auprès du Ministre de l’Energie, de l’Eau et de l’Environnement, Rabat, Maroc
    • Université de Tenerife, Iles Canaries, Espagne
    • Ambassade de la Finlande au Maroc
    • Global Green Grants, Colorado, USA
    • Water Lines, Santa Fe, USA
    • Ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement Social, Rabat, Maroc
    • Vera Campbell Foundation, California, USA
    • Et divers philanthropes du Maroc et des Etats-Unis.
  • Les partenaires de recherche et d’actions appliquées :
    • Province de Sidi Ifni, Maroc
    • Tifawin Institute, Colorado, USA
    • Département de Géographie, Université de la Laguna à Tenerife, Iles Canaries, Espagne
    • Centre Nationale d’Etudes et de Recherche sur l’Eau et l’Energie, Université Cadi Ayyad, Marrakech, Maroc
    • Université Technique de Munich, Allemagne
    • Wasserstiftung, Munich, Allemagne
    • ATLAS Institute et Mortenson Center, tous les deux centres à l’Université du Colorado, USA
    • Worcester Polytechnic Institute (WPI), Massachusetts, USA

Prix et Distinction :

Le Projet Boutmezguida a reçu divers prix et distinctions :

  • UNFCC Momentum for Change en Septembre 2016
  • Sélection de projet pour participer à la Journée Climat organisée par L’Ambassade de France au Maroc, 1er Octobre 2016
  • Le prix Association à Effet Papillon par l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion-Agadir ENCG, 2016
  • Prix Écologique au Salon Écologique, Agadir, Mai 2013

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