Brouillard

Faits Saillants, à connaître absolument sur le projet de Brouillard - Boutmezguida :

LE PLUS GRAND PROJET

– Le plus grand projet fonctionnant au monde ayant un impact positif sur la vie des communautés, en particulier les femmes, le cheptel, et l’environnement

UN PAS RÉVOLUTIONNAIRE

Un pas révolutionnaire dans la technologie de collecte d’eau de brouillard CloudFisher, mise au point par l’ingénieur Peter Trautwein, après la validation d’une période expérimentale à Boutmezguida

CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le principe de base est la mise au point de moyens inédits d’adaptation aux changements climatiques avec une attention particulière à la question du genre

RÉSONANCE ET VISIBILITÉ

Approche globale : R&D dans les domaines de l’ingénierie et l’étude du climat tout en maintenant un partenariat solide entre le porteur du projet et la communauté bénéficiaire

APPROCHE GLOBALE

La création d’une grande résonance et visibilité au profit de la région

CENTRE DE RECHERCHE

Établissement du Centre de Recherche à Boutmezguida pour assurer une veille scientifique continue

Reconnu à l’échelle nationale et internationale par une dizaine de prix prestigieux

Récompensé pour sa gestion modèle et pour le travail de proximité avec bénéficiaires et partenaires

Le 1er festival de brouillard avec résidence artistique “Rhizome Brouill-art,” en Septembre 2019 et soirée performance grand public

Le Projet Boutmezguida Boire le Brouillard est lauréat de divers prix et distinctions:


 

En 2019:

  • Prix catégorie Eau de Global Energy Award, Espoo, Finlande
  • Finaliste de LiveTogether en Koré du Sud
  • Expo Dubai2020, Exposition universelle de 2020 de Dubai offre un soutien financier pour l’extension du projet brouillard

 

En 2018:

  • Prix Suez-Institut de France, Accès aux services essentiels, Paris, France
  • Prix Hassan II pour l’Environnement, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Energie, des Mines et du Développement Durable, chargée du Développement Durable
  • – Prix Tamayuz, pour “Initiatives en faveur de la femme rurale” du Ministère de la Famille, de la Solidarité, de l’Egalité et du Développement Social

En  2017

  • Finaliste Equator Prize, les Nations-Unies
  • Prix Sustainable Education, institution d’éducation internationale GoAbroad.com, USA  

 

En 2016:

  • UNFCC Momentum for Change en Septembre 2016, prix octroyé à l’occasion de la COP22 à Marrakech
  • Trophée Initiative Climat Afrique Francophone COP22
  • Prix ADEME, France COP22
  • Prix Sciences Sociales, Symposium de Brouillard et de Brume, Pologne
  • Sélection du projet pour participer à la Journée Climat organisée par L’Ambassade de France au Maroc, Casablanca 1er Octobre 2016

 

Au lancement du projet: 

  • Prix Association à Effet Papillon par l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion-Agadir ENCG, 2015
  • Prix Écologique au Salon Écologique, Agadir, Mai 2013

Contexte social du projet :


Les communautés de la région, à l’instar de bien d’autres aires similaires, souffraient de grande anxiété concernant le manque d’eau et la récurrence des sécheresses. Les femmes, en particulier, consacraient 3.5 h/j à la corvée de la récolte l’eau sachant que l’eau des puits étant rare faute de précipitations (moins de 112 mm/an), l’eau devient ainsi un souci majeur pour la survie surtout durant la saison sèche, pour les humains, pour le cheptel et pour le biotope. Résultat : un nombre important de ménages émigrent en ville, le cheptel est vendu, le Tashelhit, l’héritage culturel et les pratiques anciennes, se transmettent de moins en moins, et la flore et les arbres d’Argane se dégradent faute d’élagage et de maintenance. 

Aujourd’hui avec l’eau livrée aux ménages, l’impact est mesurable avec des indicateurs constants. et les principaux bénéficiaires du projet sont :

  • La communauté des Ait Baâmrane, notamment les femmes et les jeunes femmes (16 villages, un ensemble de 1000 habitants permanents, en plus de la population immigrante qui revient en été durant la période des récoltes des fruits de l’arganier et des figues de Barbarie) ;
  • L’environnement local (faune et flore) et la région en général grâce à la couverture médiatique dont bénéficie le projet ;
  • Le tissu associatif local et la société civile qui s’est inspirée de ce projet et avec qui nous continuons à organiser un transfert de connaissance
  • Le brouillard lui-même, qui est de plus en plus considéré de plus en plus comme source viable pour l’eau grâce à la R&D de nos partenaires, notre communication et engagement académique  
  • Les enfants qui bénéficient d’un enseignement innovant organisé dans le cadre du programme de l’Ecole de l’Oasis
  • Femmes et hommes qui participent à la ferme Agdal Id Aachour, initiative didactique d’agroécologie pour régions arides à semi-arides

Projet BOUTMEZGUIDA,
un engagement qui vaut une décennie

Les filets du projet de collecte de brouillard ont été érigés par Dar Si Hmad au sommet du mont Boutmezguida, (29° 12’ 30” N – 10° 01’ 30” W, 1225 m d’altitude), situé dans la boutonnière des Aït Baâmrane, Sud-Ouest du Maroc. Cette aire, à la lisière du Sahara et à quelque 35 km à vol d’oiseau de l’Océan Atlantique, est classée présaharienne, avec un climat aride et une pluviométrie faible (moyenne annuelle de 112 mm). Bien que la sécheresse y soit endémique, sa fréquence et son intensité se sont accrues depuis les années 80 du XX siècle. Un vent saharien chaud, le Chergui, souffle aussi parfois sur la région et la dessèche davantage. Or la région accueille un brouillard épais et récurrent durant 143 jours de l’année ; et c’est ce brouillard que Dar Si Hmad moissonne et livre en tant qu’eau potable aux communautés.

Histogramme :

2006
Lancement d’une période exploratoire pour évaluation du potentiel hydrique à Boutmezguida
2011
Validation des résultats de la période exploratoire
Juin 2011 à Juin 2014
Construction de 600 m² de filets Fog-Collectors au sommet de la montagne de Boutmezguida
Novembre 2014
Lancement de la phase expérimentale, avec nos partenaires allemands, Wasserstiftung, de la nouvelle génération des CloudFishers
Septembre 2014 à Mars 2015
Construction de toutes les canalisations et le raccordement de tous les douars pilotes
21 Mars 2015
Inauguration Officielle du projet (grand écho médiatique)
21 Mars 2015
Alimentation en eau potable de brouillard depuis cette date
Octobre 2015
Conclusion de la phase expérimentale sur la nouvelle génération de filets capteurs baptisée CloudFisher
Décembre 2015
Etude et validation des résultats, et lancement de la recherche de fonds
Mai 2016
BMZ (Ministère allemand pour la coopération économique et le développement et la Munich Re Foundation) octroi les fonds à nos partenaires allemands, Wasserstiftung pour construire 1700 m² de filets CloudFisher à Boutmezguida
Septembre 2016
Lancement des Constructions des CloudFishers et démantèlement des Fog-Collectors
Janvier 2017
Lancement de la construction des CloudFisher, pour alimenter 16 villages en eau potable, appui de la commune rurale de Tnine Amellou
Novembre 2018
2ème Inauguration officielle des CloudFishers en présence de la communauté, de nos partenaires allemands et des officiels
Mars 2020
Fabrication locale des piliers CloudFishers, et préparation pour lancement des travaux dans une nouvelle région de l’Anti-Atlas, Taloust et projection de connecter 12 nouveaux villages
Mars 2020
Engagement continu avec la communauté, hommes, femmes et enfants

En plus, toute une série d’infrastructures ont été construites dans la région incluant des canalisations, des citernes de stockage et des processus de contrôles afin que l’eau s’achemine aux ménages de manière soutenue et durable. Les contrôles sur la qualité de l’eau livrée sont effectués à des intervalles réguliers.

Principaux Résultats Atteints :

Les femmes participent activement et sont devenues partie prenante et fort enthousiastes du projet malgré des contraintes traditionnelles lors du lancement du projet ;

Contribution à la tendance croissante de la considération du brouillard comme ressource alternative et valide de l’eau dans les régions côtières arides

Rôle stabilisateur de l’eau pour l’environnement et la population, une intendance plus importante envers l’environnement ;

Hommes, femmes et enfants sont fiers d’être les dépositaires de ce projet unique et ont ouvert la région aux journalistes, aux visiteurs malgré un repli-sur-soi historiquement avéré ;

L’eau est livrée dans les maisons dans les normes et tous les ménages contribuent à la maintenance du système en payant régulièrement toutes les redevances ;

Une grande visibilité de la région, nouvelle attention accrue accordée aux zones rurales arides et enclavées ;

Un processus actif d’adaptation aux changements climatiques

Les enfants qui participent aux cours de l’Ecole de l’Eau, programme d’éducation environnementale dans les écoles rurales, sont des ambassadeurs de l’environnement et participent à la sauvegarde des ressources naturelles ;

La dimension ethnologique du brouillard

Le brouillard n’est pas uniquement un phénomène naturel, il est surtout vécu et interprété par les humains qui lui confèrent une identité et un rôle. L’écologie culturelle de la région des Ait Baâmrane nous révèle que le brouillard, Tagut, est essentiellement un élément négatif : il empêche les précipitations, son humidité rouille le matériel de labour, mouille le cheptel et rend parfois les passages envers les pâturages glissants et dangereux. Le brouillard produit aussi une humidité, assemidd, qui nuit facilement à la santé des êtres humains et qui, en conséquence, les rend victimes d’un « rhume » pouvant conduire à d’autres maladies. Symboliquement, le brouillard dénote aussi un état de non-clarté, de confusion mentale et de perte de références. Il renvoie à l’idée de tâtonnement et de manque de visibilité ; provoquant ainsi un malaise physique et culturel. A bien des égards, le brouillard ne peut être envisagé comme porteur de charge positive.

Avec les résultats du projet Boutmezguida, accepter l’eau, élément vital pour toute vie sur Terre, émanant du brouillard, fût un des moments de grande transformation chez les femmes, les hommes, et les enfants des villages. Aujourd’hui, Tagut est valorisée comme une ressource.

Une carte pour le futur


Là où il y a du brouillard, il y a la possibilité de l’exploiter pour répondre aux besoins à échelle humaine et à échelle communautaire. Grâce à notre partenaire Wasserstiftung (qui opère aussi sur deux projets similaires, en Erythrée et au Ghana), nous avons acquis la nouvelle génération de filets, CloudFisher, dont le rendement est meilleur que les anciens capteurs de brouillard, nécessitant moins d’entretien (lavage des gouttières) car les filets sont adossés à une structure en plastique dure et résistent à un vent allant jusqu’à 120 km/h.

Aujourd’hui nous servons 16 douars dans la commune rurale de Tnine Amellou, voir carte.

La dimension R&D de l’engagement de DSH nous a poussé à établir près de notre champs de filets, un centre dédié à la recherche sur le brouillard, la reforestation, le transfert du sable du Sahara vers l’Amérique et l’Europe, l’étude de la faune et de la flore, leur rétablissement et leur protection, associant les membres de notre communauté et les chercheurs venant de tous bords dans une veille dynamique afin d’étudier et servir ce milieu naturel. Le Brouillard reprend ses lettres de noblesse comme vecteur important de vie.

Les principaux Acteurs dans le projet :

Les femmes et les hommes de la communauté des Ait Baâmrane. Les autorités locales, la province de Sidi Ifni et les communes rurales de Tnine Amellou, Tanguerfa, Imi N’Fast et Mesti

  • Les bailleurs de fond, par ordre de contribution :
    • Derhem Holding, Laayoune et Casablanca, Maroc
    • Promotion Nationale, Rabat, Maroc
    • Dar Si Hmad pour le Développement, l’Éducation et la Culture, Ifni, Maroc
    • USAID, Rabat, Maroc
    • BMZ – Ministère allemand pour la Coopération Economique et le Développement
    • Munich Re Foundation, Munich, Allemagne
    • Agence du Hydraulique Souss-Massa, Agadir, Maroc
    • Ministère délégué auprès du Ministre de l’Energie, de l’Eau et de l’Environnement, Rabat, Maroc
    • L’ Agence Hydraulique de Guelmim Drâa-Oued Noun.
    • L’ Agence Hydraulique de Guelmim Drâa-Oued Noun.
    • Université de Tenerife, Iles Canaries, Espagne
    • Ambassade de la Finlande au Maroc
    • Global Green Grants, Colorado, USA
    • Water Lines, Santa Fe, USA
    • Ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement Social, Rabat, Maroc
    • Vera Campbell Foundation, California, USA
    • Et divers philanthropes du Maroc et des Etats-Unis.
  • Les partenaires de recherche et d’actions appliquées :
    • Province de Sidi Ifni, Maroc
    • Tifawin Institute, Colorado, USA
    • Département de Géographie, Université de la Laguna à Tenerife, Iles Canaries, Espagne
    • Centre Nationale d’Etudes et de Recherche sur l’Eau et l’Energie, Université Cadi Ayyad, Marrakech, Maroc
    • Université Technique de Munich, Allemagne
    • Wasserstiftung, Munich, Allemagne
    • ATLAS Institute et Mortenson Center, tous les deux centres à l’Université du Colorado, USA
    • Worcester Polytechnic Institute (WPI), Massachusetts, USA