Où Travaillons-nous?

ONG Dar Si Hmad est engagée dans la région du sud-ouest du Maroc où elle a vu le jour. Un territoire riche de son histoire et l’adaptation de ces habitants à des climats et conditions variés.  Une aire géographique marquée par la présence des chaînes de montagnes, des plaines et le Sahara. Chef-lieu d’une végétation ancienne et de l’arbre unique qu’est l’Argane, et c’est une région dont les ressources sont multiples et dont la beauté est éblouissante.  

Et plus précisément, nos actions se concentrent en premier dans les sites suivants :  la région rurale-montagneuse de la province de Sidi Ifni, celle-là même où il y a une abondance de brouillard et où les villages millénaires souffrent, aujourd’hui, de précarité sociale, économique et des effets grandissant du changement climatique.  

Nous sommes aussi présents dans la ville de Sidi Ifni, et durant toute une décennie, de 1990 à 2000, enfants, jeunes et femmes de la ville ont bénéficié des programmes et des actions de La Fondation Si Hmad Derhem.  Aujourd’hui, par contre, nous concentrons nos efforts plus dans les régions de la montagne dont les besoins en infrastructures sont les plus criants.

Dar Si Hmad opère une annexe à Agadir, ville-pôle économique et capitale de la région du Souss ; nos programmes sont essentiellement éducatifs pour tous les jeunes originaires du territoire du sud-ouest et du Sahara marocain. Notre mission éducative se traduit ici dans des programmes aussi variés et aussi riches, former en moyens de mise en pouvoir pour soi et pour sa région natale.  Nous sommes aussi au service d’autres associations locales et régionales et offrons notre expertise dans le domaine du brouillard.

Ceci dit, les racines de Dar Si Hmad restent inextricablement liées à la région des Aït Baâmranes, une profondeur historique et un engagement entier.  Nous vous invitons à en connaître plus en lisant les rubriques suivantes :

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Données géographiques de la région :


La région des Aït Baamrane  est formée d’une superficie de 1.310km2, son emplacement entre l’Océan Atlantique et le présahara fait d’elle une entité géographique bien délimitée où une grande zone naturelle est distinguée, la chaîne occidentale de l’Anti-Atlas composée du massif d’Ifni d’orientation SW-NE. C’est un pays semi aride où les pluies sont rares et irrégulières, elles atteignent à peine le huitième de la moyenne nationale. Ce climat de type Méditerranéen, très ensoleillé tout au long de l’année et caractérisé par une répartition irrégulière des précipitations qui sont concentrées sur la saison hivernale fraîche, tandis que la saison estivale est chaude et sèche. Le régime des précipitations est caractérisé par une oscillation irrégulière d’une année à l’autre, les versants occidentaux qui forment un écran vis-à-vis du Sahara sont particulièrement arrosés, cependant en été les vents secs de direction Est-Sud Est (chergui) font sentir leur influence desséchante sur toute la zone à l’exception d’une bande côtière où le voisinage de l’Océan maintient une humidité relative élevée.  La pression atmosphérique créée par l’anti-cyclone des Açores, le courant froid des Canaries et le relief montagneux engendrent un brouillard humide et persistant particulièrement de décembre à juin, incluant des mois d’été.  La forêt naturelle au niveau de la région couvre une superficie de 63.000 hectares dont 47.000 en Arganier et 16.000 en Euphorbe. Outre la forêt, la culture du cactus y est très répandue, avec des variétés uniques à la région et est exploitées sur quelques six mois.

Données humaines & regard historique

Les Aït Baamrane forment une confédération de tribus dont le territoire, montagneux, occupe le sud-ouest du Maroc et il est baigné par l’Atlantique.  La population rurale est de 65 000 habitants regroupés dans 348 villages (recensement de 2014). On y pratique de l’élevage ovin, la culture des céréales, surtout l’orge, et de la figue de Barbarie. L’apiculture y est une activité traditionnelle et les produits de l’arganier qui occupe une superficie de 59 000 ha sont une ressource d’appoint. C’est donc une économie agro-pastorale de subsistance de plus en plus difficile à maintenir aujourd’hui.

Situé à l’entrée du Sahara, il constituait du IXe siècle jusqu’au début du XXe siècle un passage obligé de la route caravanière se dirigeant du Oued Noun vers Essaouira ou Marrakech et venant de l’Adrar mauritanien, reliant ainsi les anciennes villes de  Tamdoult U Aqa, Agaouss, Noul Lamta, Mast, Taroudant, Marrakech dans l’Oued Noun et le Souss à Azougy et Aoudaghost en Mauritanie.

La côte baamrani est très escarpée ce qui laisse peu de places à de bon ports. On signale Areksis, à l’embouchure de Oued Assaka, que les puissances occidentales ont essayé d’utiliser comme point d’entrée au Oued Noun et ce depuis le XVe siècle, Sidi Mouhmmad Ben Ablella à Mirleft.

Faussement identifié comme Nuestra Segnoria de Mar Pequegna, qui est situé à Nayla, au nord de Tarfaya et occupé par les Espagnols vers 1473, le territoire des Aït Baamrane fut, par les accords de Ras El Ma de 1860, accordé par le Maroc aux espagnols qu’ils n’occupèrent que le 6 avril 1934, sous la pression des Français, par une cérémonie à laquelle assista le Colonel Capaz au nom de la République Espagnole et les Imgharen (chefs de tribus) des Aït Baamrane. Ceux-ci se résignèrent à l’occupation par les Espagnols mais n’accordèrent pas la souveraineté du territoire à l’occupant. Ce dernier l’exigea en 1947 et devant le refus de la population, exila ses dirigeants à Dakhla jusqu’à la veille de l’indépendance du Maroc en 1956. Ainsi et jusqu’en 1952, le territoire d’Ifni avait un statut de colonie et la ville devint peu après capitale de l’Afrique Occidentale Espagnole comprenant le territoire d’Ifni, le Sahara espagnole et Cape Juby, l’actuelle Tarfaya, et la Guinée Equatoriale avec capitale Fernando Po.

Epoque Contemporaine


L’emplacement de la ville de Sidi Ifni était occupé par le douar Amzdough, appartenant à la tribu des Imstiten durant la période pré-moderne. Trois ans après 1934, le campement se transforma en une bourgade dynamique avec plus de 600 édifices. La population augmenta très rapidement et la structure de la ville se complexifia rapidement en rues, places et édifices. Trois ans avant le départ des espagnols en 1969, la ville amorça son expansion sur la rive nord de l’oued dans ce qui deviendra Colomina ou Barrillo Agulla.

Lors de l’insurrection militaire contre la république espagnole en 1936, le territoire fut contrôlé par les militaires nationalistes qui mobilisèrent des soldats autochtones regroupés dans les Tabores de Tiradores de Ifni au nombre de six bataillons si on y inclut celui du Sahara-Ifni. Leur participation fut décisive dans la victoire des nationalistes qui menèrent une propagande intense au près des troupes baâmrani, très religieuses, contre leurs ennemis décrits comme ennemis de Dieu.

Dès l’indépendance du Maroc en 1956, les pressions sur l’Espagne pour la rétrocession du territoire au Maroc se firent plus fortes et de graves incidents frontaliers se produisirent, les forces de l’Armée de Libération de Ifni et du Sahara attaquant le territoire entre novembre 1957 et juillet 1958. Les membres des Tiradores de Ifni de la Policia territoriales furent désarmés et le territoire se réduisit à la ville d’Ifni et un domaine ne dépassant pas 9 km de profondeur depuis le rivage.  Cette guerre se termina par les Accords de Cintra en avril 1958 par lesquelles l’Espagne cède au Maroc le territoire conquis par l’armée de libération ainsi que la partie du Sahara s’étendant d’Oued Draa jusqu’à une cinquantaine de kilomètres au sud de Tarfaya. A partir de 1958 et jusqu’à la rétrocession du territoire au Maroc en janvier1969, Ifni acquit le statut de province espagnole (la 51ème) dirigée par un gouverneur général. Ainsi prit fin une occupation qui dura 35 ans.

Mais c’est à partir des années 50, le territoire devint un réservoir d’émigration de travailleurs vers les mines et les usines d’Europe ce qui, à la longue, vida les compagnes.  Les émigrés préférant installer leurs familles à Goulimine et à Ifni, étant donné le manque d’infrastructures de base dans les campagnes.

Défis et Perspectives

La ville de Sidi Ifni jouit d’un microclimat plus doux que celui de l’intérieur baignant pour de longues périodes de l’année dans un brouillard touffu. La proximité du Sahara se manifeste cependant par la faune et la flore et par la présence intermittente de vents chauds du désert.  Le premier port construit le fut en 1960 ; il consistait en un téléphérique long de 1,5 km pour des bateaux de petit tonnage. Ce choix fut dicté par le problème de l’ensablement, obstacle permanent dans les ports sahariens incluant Ifni. La ville dispose d’un port de pêche qui profite peu à la région étant donné que le produit de la pêche est acheminé vers les usines d’Agadir.  L’aéroport datant de l’époque espagnole est aujourd’hui inutilisé et occupe un kilomètre carré désaffecté. Cet espace est occupé aujourd’hui par le souk hebdomadaire les dimanches.

La présence espagnole est toujours visible dans la place Hassan II, l’antique Plaza de España, avec son petit parc muni d’une fontaine aujourd’hui non coulante et de la mosaïque dans la tradition andalouse espagnole, le belle Pagadora menaçant ruine, le cinéma Avenida, l’Eglise de Santa Cruz transformée en palais de justice, le phare et El Palacio Real, ancienne résidence du gouverneur général espagnol et aujourd’hui celle du gouverneur marocain.

La ville a beaucoup périclité depuis son indépendance, vivant de l’envoi d’argent des émigrés, des retraites de la guerre d’Espagne qui s’étaient engagés ou ont été recrutés par les nationalistes espagnols durant la guerre civile de 1936-1939.  Le charme désuet et le caractère espagnol qu’a conservé la ville attirent un tourisme à la recherche de dépaysement et de tranquillité. Le récent accès du territoire au statut de province lui permet aujourd’hui d’avoir plus de ressources et d’aller vers un développement plus concentré sur les spécificités de la région.