DR. AISSA DERHEM
2020 restera dans l’histoire comme point de basculement, l’année de la pandémie qui nous a profondément affecté. De l’économie, l’éducation à la sociabilité, tous les domaines de nos vies ont dû être adaptés à de nouveaux paramètres, nous proposant là un sketch de modèles à peine émergents, imaginant qu’un autre futur que la croissance effrénée soit possible.

Pour nous à Dar Si Hmad et malgré toutes les vicissitudes de 2020, l’initiative Afous Ghissiki, main dans une terre abandonnée, porte en elle le germe de cette possibilité, la valeur du renouveau et de l’espoir. Ingrédients essentiels pour une forme émergente d’une relation autre à la terre : nourricière certes, mais empreinte de révérence et de respect, celle qui nous enseigne l’humilité. Financée par La Fondation du Grand Atlas, en partenariat avec la Coopérative Domaine Nzaha et soutenue par l’Association Al-Wifaq d’Ougoug, nous avons formé en pratiques permacoles deux Oasis de la Région Guelmim Oued-Noun particulièrement touchées par le changement climatique.

Et dans ce nouveau monde, oscillation entre le possible et le non-possible, DSH a su se réinventer en repensant ses programmes et initiatives. En premier, nous avons pu rapatrier le groupe de l’Université de Lewis and Clark de l’EFS en mars 2020 dans le calme et le professionnalisme. Et nous avons surtout continué à réfléchir à nos bénéficiaires et aux moyens disponibles pour continuer notre travail : l’approvisionnement en eau potable pour toute la communauté avec un suivi strict des sources de l’eau vu l’importance de l'hygiène comme moyen de protection contre la pandémie. Le Tech Camp a bien eu lieu au profit de jeunes collégiennes d’Agadir en grand besoin de formation aux techniques de la communication et de l’éducation virtuelle. Nous avons organisé un RISE virtuel aussi, thème de la session d’automne étant le Plaidoyer Écologique au profit de jeunes universitaires, et nous continuons à accueillir des stagiaires en ligne pour nos divers projets.

Au final, je tiens à revenir à cet Afous Ghissiki, cette main verte, fertile et délicate. Comment imaginer cet autre monde avec cette main qui nourrit et non celle qui détruit, ou celle qui ne pense qu’à elle… mais à l’ensemble de cet écosystème dont nous faisons partie intégrale. Célébrons donc ces autres formes de vie comme nous avons pu constater de visu les effets si réparateurs d’une terre généreuse et accueillante.

Aissa Derhem
mai 2020 - Président